La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (II)

La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (I)

MAJ 7/7/08 : Tripatouillages des modérateurs du forum asnierois.org

Opacité à Asnières

J’ai déjà évoqué rapidement le rôle central joué par le site asnierois.org dont les articles propres ne sont jamais signés de façon identifiable, autour duquel gravitent divers autres sites anonymes. J’indiquais que le responsable en était Philippe Vassé sur la base des multiples procès qui l’opposent à la mairie d’Asnières concernant ce site. Il m’avait répondu, sans plus de précision, que “le site asnierois.org n’est pas [sa] propriété, ni morale, ni commerciale, mais un site associatif citoyen libre“.

Depuis lors, le 1er juin, l’hebdo Marianne a indiqué que “Josiane Fischer, ancienne UMP, est candidate indépendante à Asnières contre Manuel Aeschlimann dont elle dénonce les excès sur Asnierois.org“. Le site indique être édité par une association, Agoredit, et être financé par une autre, l’Adada. Je n’ai pu déterminer (sur le net) leurs responsables. La déclaration des statuts de l’Adada fait apparaître que Philippe Petit, mari de Josiane Fischer, en est le Trésorier.

La justification à toute cette opacité est que, si l’on suit les amusantes notes du site, Manuel Aeschlimann, le député-maire, est très procédurier, que son ancien directeur de cabinet est adepte de la pression musclée (la Cour d’Appel de Versailles vient de confirmer sa condamnation pour dénonciation calomnieuse de M. Shebli Anvar), et que lui-même se cache derrière son premier-adjoint ou autre “lampiste”.

Il n’en demeure pas moins que pour un site qui reproche à la mairie son manque de transparence, ses dérives dictatoriales et népotiques, et qui prétend rouge-sur-blanc détenir la vérité, c’est assez contradictoire, et à mon avis contre-productif. Washinton n’a pas bouté la perfide Albion hors les Etats-Unis en se cachant derrière son petit doigt, idem pour Gandhi, De Gaulle, Lech Walesa, Vaclav Havel, Nelson Mandela etc. Mais à Asnières la dictature est apparemment telle qu’il est impossible d’y assumer ce que l’on écrit !

Transparence à Puteaux

Puisque l’on aime amalgamer tout ce qui touche à l’UMP dans le 92, comparons un instant à la démarche de Christophe Grébert chez les voisins de Puteaux.

On peut certes le soupçonner d’avoir monté son blog dans l’idée de se porter candidat à la mairie de Puteaux (à mon avis ce sont plutôt les mauvaises réactions de la mairie qui en ont fait un candidat) mais on ne peut certainement pas lui reprocher de s’être caché derrière divers paravents. Sa démarche est authentique et transparente. Peu importe les arrières-pensées, le lecteur sait qui parle, pourquoi, et peut juger de lui-même. On connaît ses opinions politiques, ce qu’il fait dans la vie, on a même droit à son orientation sexuelle. Après on peut s’intéresser au contenu : ce n’est pas très constructif de passer son temps à critiquer. Donc soit il trouve quand même quelques mérites à la façon dont est gérée Puteaux, soit ils nous montre à quel point il ferait mieux. Il a choisi la deuxième option.

Prochaine note : Un heptatraître

Les notes de cette série :

  1. Introduction
  2. Opacité à Asnières
  3. Un heptatraître
  4. Un député activement paresseux
  5. Un vrai politique
  6. Corruption
  7. Déni de réalite (Retirée)

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (I)

Les électeurs s’étant exprimés, j’entame comme annoncé une série de notes qui servira de référence à la synthèse, beaucoup plus brève, que je publierai ultérieurement sur Agoravox.Sauf en réponse à certains commentaires, j’ai rarement évoqué en détails le contexte local, principalement pour deux raisons : c’était ajouter de la confusion à une affaire déjà complexe et risquer de se voir imputer une part dans la déroute que les adversaires de droite du député-maire d’Asnières viennent de subir. Comme ce contexte fournit la trame sur laquelle repose les autres supputations, il est temps de l’examiner en détails, le risque de perturbation au pouillème du vote étant maintenant derrière-nous.

L’objectif de cette première série n’est pas de montrer que la démarche des opposants à Manuel Aeschlimann est illégitime, je pense au contraire qu’elle est normale et utile, elle cadre même parfaitement avec la conception du politique telle que je l’exposerai brièvement. Je souhaite simplement montrer que la démarche du maire l’est tout autant, que sous l’écume des exagérations et de la mauvaise foi, il y a des divergences politiques profondes, sur des questions fondamentales, et que le climat détestable empêche précisément qu’elles soient exposées, défendues et débattues convenablement.

Cela se retourne contre eux, notamment parce qu’à force d’exagérations ils perdent toute crédibilité, jusqu’à devenir inaudibles.

Prochaine note : Opacité à Asnières

Les notes de cette série :

  1. Introduction
  2. Opacité à Asnières
  3. Un heptatraître
  4. Un député activement paresseux
  5. Un vrai politique
  6. Corruption
  7. Déni de réalite (Retirée)

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

Confirmation de la condamnation de Francis Pourbagher pour dénonciation calomnieuse

MAJ 15/8/08 Le pourvoi en cassation de M. Pourbagher est rejeté.

Bruno me communique ce qui suit :

Dans le procés pour dénonciation calomnieuse fait par M. Shebli Anvar (membre de mon association d’habitants à Asnières) contre Francis Pourbagher (à l’époque où il était toujours directeur de cabinet de Manuel Aeschlimann), la cour d’Appel de Versailles présidée par le président Riolacci a rendu aujourd’hui le jugement suivant :
1) Elle n’a pas annulé le jugement du Tribunal Correctionnel de Nanterre
2) Elle a maintenu la condamnation de Pourbagher à 6 mois de prison avec sursis
3) Elle l’a condamné à 3000 euros de dommages et intérêts pour la prtie civile (5000 en 1ère instance)
4) Elle a ordonné la publication du jugement dans asnières info

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

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Condamnation de Miguel Membrado pour diffamation envers Manuel Aeschlimann

MAJ : Miguel Membrado fait appel de cette décision.

La mairie d’Asnières diffuse aujourd’hui le communiqué suivant :

AFFAIRE MAYETIC : CONDAMNATION D’UN MEMBRE IMPORTANT DE LA NEBULEUSE ELAHI

Le 23 mai 2007, la 17ème Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris a déclaré Miguel MEMBRADO « coupable de diffamation publique envers un citoyen chargé d’un mandat public (…) Manuel AESCHLIMANN », Député-Maire d’Asnières-sur-Seine.

En octobre 2006, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires (MIVILUDES) qualifiait Monsieur MEMBRADO de « membre important de l‘ensemble Ostad Elahi » en page 7 de son rapport consacré aux «dérives sectaires» de la fondation Ostad Elahi.

Monsieur MEMBRADO a été reconnu coupable de diffamation par le Tribunal pour avoir diffusé des textes qui accusaient Manuel AESCHLIMANN,

- d’être à l’origine de menaces de mort répétées alors que les juges ont considéré qu’il n’avait été « nullement fait état de menaces de mort »,
- d’écrire de fausses notes des Renseignements Généraux et de manipulations des médias alors que les juges ont rappelé que l’enquête de la Miviludes auprès des directions concernées a « permis de s’assurer que ces affirmations n’étaient pas fondées, mais (…) sont reprises sans cesse dans les écrits des amis d’Ostad Elahi »,
- de la liquidation judiciaire de la société Mayétic alors que les juges ont établi que « les résultats de l’entreprise étaient largement déficitaires depuis 2002» et que « le refus de la Caisse des Dépôts et Consignations d’accorder un nouveau financement à la société MAYETIC, était principalement fondé sur des considérations de résultats et des perspectives financières».

Ce jugement vient à la suite de celui de la Cour d’Appel de Versailles qui, le 7 mai 2007, relaxait, à trois reprises, un maire adjoint d’Asnières-sur-Seine en charge de la communication qui était poursuivi par la fondation Elahi, par Monsieur AMELI, membre de la fondation et par une association locale.

Charles CAILLET
Maire-Adjoint délégué à la Communication

Je commenterai ce dernier rebondissement dans une série de notes consacrée à la campagne présidentielle et législative, que je diffuserai après les élections.

MAJ

MAJ 3/6

MAJ 6/6

MAJ 10/6 23h30

  • Résultat 1er tour législatives (source France 3) :
    • AESCHLIMANN Manuel : 46,73%
    • ETCHEBERRY Michèle (PS) : 22,95%
    • TRUPIN Laurent (Modem) : 10,38%
    • Par comparaison en 2002 Manuel Aeschlimann faisait 47,32% mais sans candidat UDF dans le jeu. Le Front National passe de 7,98% à 3,15%. Enfin, Josiane Fischer passe de 7,86% à 3,08%.

MAJ 11/6 0h20

  • Les chiffres du Figaro probablement plus précis confirmés par l’Intérieur. Les chiffres officiels. On constate que Manuel Aeschlimann indiquait avant l’élection que les Divers droite sont autour de 8-12% dans sa circonscription et qu’ils allaient se partager ce contingent. C’est précisément ce qui se passe, en fourchette basse, avec un comique achevé puisque c’est essentiellement Francis Pourbagher qui phagocyte Josiane Fischer.

MAJ 18/6

  • Résultats 2e tour (sources Le Figaro-recoupé avec le ministère de l’Intérieur)
    • Manuel AESCHLIMANN 56,19 %
    • Michèle ETCHEBERRY 43,81 %
  • Par comparaison en 2002 Manuel Aeschlimann faisait 63,63 %. En voix MA perd 1140 voix par rapport à 2002 tandis que ME en gagne 3162.
  • Par rapport au premier tour il ne gagne que 1034 voix tandis que son opposante socialiste en gagne 5795. Il faudrait confirmer avec un sondage local sorti des urnes, mais le report des voix Modem semble suivre la tendance nationale (CSA : 55% PS 28% UMP 17% abs.).
  • Je n’ai pas le score de la présidentielle sur la circonscription, mais sur Asnières-même il ressort à 3 points de mieux que Nicolas Sarkozy à la présidentielle.
  • Le taux de participation est en baisse de 60,08% au premier tour à 54,25% au deuxième alors que la tendance nationale était au maintien. La superposition des cartes nationales de l’abstention et de la couleur politique des circonscriptions suggère que l’électorat de droite s’est généralement démobilisé, contrairement à celui de gauche. Voir aussi Philippe Chriqui pour Lemonde.fr.
  • Bref tout le monde va crier victoire ;-)
    Au plan national, on retrouve ce propos prêté à François Mitterrand : les Français disent n’importe quoi, mais ils votent toujours très intelligemment.

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

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A l’heure du choix

Histoire de relever un peu le niveau. 

L’entretien fleuve (près de 3h) que François Bayrou avait accordé en octobre 2006 au Politic’show de Nicolas Voisin :
http://blpwebzine.blogs.com/politicshow/2006/10/politicshow_fut.html

L’entretien de Nicolas Sarkozy au mythique Charlie Rose Show en janvier. Où l’on découvre qu’il tient le même discours à l’étranger et en France, ce qui est plutôt rare dans son corps de métier :
http://video.google.com/videoplay?docid=5800622943785014797&hl=en

Ségolène Royal avait apparemment promis un entretien aux deux shows et n’en a fait aucun. Peut-être aura-t-elle le temps après les élections…

Le superbe dossier d’Olivier Ezratty sur le périmètre de l’Etat à l’aune des projets des candidats :
Trop d’Etat, oui mais où ça ?

La démocratie participative en action dans le laboratoire de Ségolène (la région Poitou-Charentes) :
http://www.democratie-participative.fr/bpl/index.dml

Le budget du laboratoire de Ségolène (nota bene avant 2004 tout est de la faute de l’apprenti-sorcier Raffarin) :
http://www.cr-poitou-charentes.fr/fr/doc/budget-2007.pdf
et en particulier l’évolution de la dette

Et oui, comme chez feu Jacques Martin tout le monde a 10 et mérite de gagner. Mais c’est la vraie vie, donc il n’en restera qu’un(e). Et contrairement à la Star’Ac, vous entendrez son disque pendant cinq ans.

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Tripatouillages sur Aeschlimann dans Agoravox : le Ve pouvoir à un dîner de cons

MAJ 7/7/08 Bruno de Beauregard (fondateur Mayetic) condamné pour diffamation envers Manuel Aeschlimann

Agoravox, le média citoyen, a supprimé l’article qui évoquait la récente décision de la Cour d’Appel de Versailles opposant la mairie d’Asnières et la fondation Elahi.

Cet article ayant été repertorié par Google News, on peut retrouver son existence ici et constater que le lien mène vers une page blanche. J’ai pris une copie d’écran de la page Google et de la page blanche d’Agoravox vers laquelle elle renvoit.

Or :

A ce jour, je n’ai supprimé ou modifié de commentaire chez moi qu’à deux reprises, dans les deux cas sur demande expresse de leur auteur. Il va de soi que ces derniers développements m’obligent à en faire état car ils éclairent sous un jour nouveau toute cette affaire.

Elle a été portée à la connaissance des blogueurs par Miguel Membrado et Bruno de Beauregard, les deux cofondateurs et anciens dirigeants de Mayetic. Ils accusent Manuel Aeschlimann, le député-maire d’Asnières, d’être responsable du dépôt de bilan de leur société.

Je rappelle ma position initiale sur l’affaire, telle qu’indiquée dans ma première note :

Pour l’instant le lien entre le dépôt de bilan de la société et le député ne me semble pas établi :

  • L’intime conviction des deux ex-responsables de la société ne constitue pas une preuve.
  • Un journaliste affirme que le député a fait rédiger une note par les RG. Un autre journaliste affirme que c’est le député lui-même qui a rédigé la note. Ce n’est déjà pas très clair. De plus, puisque les dirigeants de Mayetic affirment que le journaliste du Monde s’est fait manipuler ou agit sur commande, on peut inversement utiliser la même argumentation concernant les deux autres journalistes.
  • Faire dépendre la survie d’une société d’un unique actionnaire public la place dans une situation de grande vulnérabilité. De celà, ce sont ses dirigeants qui sont responsables, et personne d’autre.
  • La propension d’un ex-dirigeant de la société (Miguel Membrado) à insinuer que des gens qui tentent d’analyser objectivement cette affaire d’être commandités par le député n’aide pas vraiment à le suivre dans ses autres accusations.

Il y a toutefois divers éléments très troublants :

  • La justice a indiqué une première fois que l’association de Bruno de Beauregard (l’ancien président de Mayetic) a bien été diffamée. Le résultat de l’appel doit être connu ces jours-ci.
  • Les accusations portées contre lui sont très graves. Le député n’a pas à ma connaissance réagi ni intenté de procès en diffamation.
  • Le ministre de l’intérieur a, d’après la presse, justifié en partie son retour place Beauveau par le fait qu’il voullait s’éviter de la sorte des coups tordus. Il semble donc courant et admis qu’en France les services du ministère de l’intérieur sont utilisés dans le cadre des luttes politiques.

Il y a quantité d’aspects qui laissent craindre depuis le départ une manipulation et qui expliquent pour partie mon refus constant de varier de cette position. Faisons-en un petit tour, très loin d’être exhaustif.

La thèse de Miguel Membrado et Bruno de Beauregard ne tient qu’en raison du lien d’amitié entre Nicolas Sarkozy et Manuel Aeschlimann, ce qui lui donne des pouvoirs hyper-puissants. Cela lui permet d’obtenir ou rédiger lui-même des vraies-fausses notes blanches des RG, dont on parle beaucoup, des rapports de la la DST, dont on parle moins, de censurer l’AFP, de manipuler Le Monde et France 3. Cette puissance, depuis lors, n’a cessé de s’amplifier, au point d’obtenir, d’après eux, un rapport de complaisance de la Miviludes, placée sous l’autorité du Premier ministre. Or ce rapport si faux, si aisément démontable, ils n’ont pas réussi à en convaincre les juges ! Que dit ce rapport ? Que l’on est très fort en manipulation dans le réseau Elahi et, en annexe, supprimée de la copie présente sur le net, j’imagine pour les mêmes raisons que pour mes propres suppressions de commentaire, on fait état d’un lien capitalistique entre Cybion, l’éditeur d’Agoravox, et cette fondation.

Comme la réponse aux graves accusations dont il était l’objet tardait à venir, j’ai placé le député sous patrouille citoyenne, sur la base d’une “bonne” idée qu’il avait eu pour sa ville. J’ai détaillé l’ensemble de ma démarche, que je qualifie d’activiste-responsable, dans cette note. Voici ce que j’indiquais lors de l’annonce par la mairie que le député déposait plainte en diffamation contre ses deux accusateurs.

Je note que le député disposait de trois options :

  • Ignorer les accusations et attendre que l’affaire se tasse
  • Répondre sans porter l’affaire devant les tribunaux
  • Répondre de ces accusations en justice

C’est la troisième option qui a été retenue, probablement la plus risquée pour lui, car il s’agit d’une arme à double tranchant. Elle m’apparaît à la mesure de la gravité de ce dont il est accusé. A mes yeux l’ordre public est rétabli puisque l’affaire sera tranchée devant les tribunaux, comme il se doit dans un Etat de droit, plutôt que sur la place publique dans un climat délétère. Il n’y a donc pas lieu de poursuivre ce que j’annonçais ici, à moins que le député soit débouté et n’en tire pas les conséquences.

Un commentateur anonyme, “proche” de l’affaire, a alors déposé de multiples commentaires. Le journaliste Philippe Nieuwbourg a indiqué ici avoir proposé à cet “anonyme” connaissant si bien l’affaire de l’authentifier et de recueillir son témoignage en lui garantissant le secret des sources, disposition légale permettant aux journalistes de protéger leurs informateurs. L’”anonyme” a malgré tout refusé de se dévoiler, arguant des grands pouvoirs maléfiques de l’inévitable Manuel Aeschlimann s’il le faisait.

Bruno de Beauregard, l’ancien président de Mayetic, a ensuite affirmé qu’il était sans nouvelle de ces plaintes, qui, précisait-il, “seraient les bienvenues” ce qui laissait craindre un effet d’annonce, dans la droite ligne de l’image de tordu de ce fameux député d’Asnières. J’ai donc recommencé à en demander des nouvelles, pendant que l’affaire s’amplifiait et se propageait puisque “l’on se moquait de nous”.

J’ai fini par obtenir une réponse par sms du député qui me donnait sa parole (“promis”) qu’il avait bien déposé ces plaintes. Bruno de Beauregard a continué à mettre en doute leur existence, puis, dans un commentaire ultérieur, a indiqué que ces plaintes n’avaient pas tant d’importance que ça ! Les blogueurs s’en prenaient depuis trois mois à un député au point de demander une commission d’enquête parlementaire sur la base du doute entourant ces plaintes, mais maintenant qu’il devenait de plus en plus difficile de les contester, elles n’avaient plus tant d’importance. Philippe Vassé, pour sa part, le responsable du site asnierois.org, est même venu avec des éléments “probants”. Il s’était bien renseigné et n’en avait pas trouvé trace.

Patatras, Miguel Membrado, l’ancien co-fondateur et directeur général de Mayetic, confirmait ensuite avoir reçu la plainte, qui avait été déposée précisément comme l’indiquait la mairie. Il se présentait au passage comme victime de la phrénésie procédurière de l’affreux député, ce que divers blogueurs ont relayé cash.

Donc après avoir été constamment mises en doute mais bienvenues si elles se présentaient, puis considérées comme peu importantes si vraiment elles existaient, lorsqu’elles se sont matérialisées ces plaintes sont devenues une attaque confirmant ce que “tout le monde dit du député”, alors que leur remise en cause avait prolongé, amplifié, fait déraper une fronde et qu’en vérité Manuel Aeschlimann acceptait de prendre le risque d’un procès en diffamation devant des accusations énormes. Bien sûr ça ne veut rien dire puisqu’il a tout l’appareil d’Etat + la justice dans sa poche. Malheureusement, on nous dit par ailleurs que la mairie d’Asnières perd tous ses procès.

Retrouve-t-on ailleurs ce type d’argumentation, ou l’on prend ce que l’on a planté pour montrer que ça démontre ce que l’on dit ? Dans le dernier commentaire de Bruno chez moi par exemple, mais il y a de quoi ramener une pêche miraculeuse dans les milliers de commentaires et notes que j’ai lu, ici et ailleurs : “Qui peut prétendre qu’il ne pouvait pas le savoir, alors qu’il ne faut que 5 minutes sur Google pour s’en rendre compte, tellement les ficelles sont grosses ?” Or qui a planté ce que l’on trouve sur Google ? Miguel et Bruno en alertant les blogueurs ainsi que le site asnierois.org de Philippe Vassé, déjà évoqué tout à l’heure, dont l’Express nous dit qu’il est engagé dans une guerilla procédurière avec la mairie sur les décisions municipales, ce qui éclaire la guerilla sur son site asnierois.org, qui fait qu’on n’a jamais la réponse aux questions, parfois très intéressantes, qui y sont posées. Il y a autour de ça toute une noria de sites tous plus anonymes les uns que les autres, dont il est impossible de savoir qui est derrière et qui font fort opportunément monter le classement Google (donc la crédibilité au sens de Google) de l’ensemble.

Un autre aspect inquiétant est qu’à part les deux anciens dirigeants et la mairie, aucun autre acteur de cette affaire ne s’est exprimé, dans les centaines de notes et milliers de commentaires que j’ai pu lire. Alors qu’on n’a pas manqué d’”anonymes” qui savent et se portent garants d’eux, ou qui laissent traîner du goudron et des plumes dont les commentateurs authentiques, qui n’ont aucun lien avec l’affaire, finissent par se saisir.

Enfin, L’Express toujours, indique que le coeur du conflit oppose Manuel Aeschlimann à Elahi, au point que Claude Guéant, l’ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, a tenté et échoué une médiation entre eux. C’est-à-dire que l’affaire Mayetic est un aspect périphérique du conflit.

Je n’ai aucune idée des raisons du conflit central, on en est réduit à des hypothèses. J’ai tenté d’examiner cette affaire comme un blogueur, en me basant uniquement sur ce qui est disponible en ligne. Ce qui sous-tend les accusations est troublant au départ, mais ne prouve rien, et au lieu de fournir des éléments crédibles et sérieux par la suite, apparaîssent avec le temps de nouvelles accusations, de plus en plus énormes, amalgamées aux “informations” des autres sites, toutes considérées comme vraies lorsque jugées compromettantes pour le député-maire. Quand un élément gênant se présente, au hasard une décision de justice, on le démolit sur la base d’une thèse du complot qu’on a répandu, amplifié, mais jamais démontré, en lançant un appel à ceux à qui l’on a, à l’évidence, avec le temps, fourni des éléments spécieux, tous discutables, mais qui font masse.

Les éléments s’accumulent qui montrent que cette affaire fonctionne en vase clos dont on décrédibilise ou supprime tout ce qui gênerait la thèse de départ. L’extérieur est présenté comme l’ennemi à abattre, à rejeter sans autre forme de procès. Les blogueurs constituent sans doute des pions dans un conflit dont les acteurs principaux sont tapis dans l’ombre. Des comportements et des éléments apparaîssent, dans la droite ligne de ce que décrit un rapport diabolisé, qu’il ne faut pas lire, qu’il ne faut pas diffuser, qui est archi-faux, mais qui aux yeux de trois magistrats est jugé crédible. Il est impossible de déterminer les enjeux précis de ce conflit. Mais Manuel Aeschlimann vient de gagner une manche en justice, ce qu’Agoravox a choisi de ne pas diffuser (pour d’autres raisons selon lui) après que Cybion, son éditeur, soit intervenu aboutissant à la suppression des éléments génants d’un rapport officiel, pour d’autres raisons selon lui également.

J’ai indiqué à plusieurs reprises que cette affaire n’avait plus rien à faire sur la place publique à partir du moment où il était établi que Manuel Aeschlimann y répondait en justice. Le risque étant qu’elle dérape et se retourne contre ceux qui avaient pris l’initiative de nous en alerter.

MAJ 1/4

La discussion qui a suivi cette note a permis d’établir que l’article supprimé était une version remaniée du récent communiqué diffusé par la mairie d’Asnières suite à la décision de la Cour d’Appel de Versailles dans l’affaire l’opposant à la fondation Elahi et à l’association de Bruno de Beauregard. Cela ne change rien à ce qui me préoccuppe, à savoir éviter d’être instrumentalisé dans des conflits dont on néglige d’indiquer tous les aspects. Carlo Revelli indique dans ses réponses que le lien entre Cybion et Elahi est ridicule et que les raisons de la suppression tiennent uniquement aux controverses que ce sujet induit. J’estime pour ma part que la décision de la Cour d’Appel de Versailles montre que l’affaire Mayetic est plus complexe qu’on ne l’a pensé au départ, et, que le choix soit subjectif ou pas, il était important de le signaler, vu que ce qui a crédibilisé cette affaire était une censure à l’AFP que Manuel Aeschlimann et l’AFP démentaient.

J’accepte bien volontiers les explications de Carlo Revelli, mais le fair-play commande alors de reconnaître qu’on a été un peu rapide en besogne au départ. J’invite chacun à lire la discussion qui permet de mieux comprendre les multiples facettes de cette affaire.

Sur le fond, les Français ont un rapport un peu étrange aux politiques. Volontiers clientélistes au plan local, nettement moins au plan national, comme s’il y avait un seuil au-delà duquel on passait du souhaitable, de l’acceptable, à l’inacceptable. Ce n’est pas des politiques que vient le problème, mais des Français, qui sont sur ce point divisés (autour de 60% pour “les petits arrangements entre amis” si mes souvenirs sont bons dans la dernière étude du CEVIPOF sur le sujet). Bref, vouloir mêler les deux peut être interprêté comme une diabolisation dans l’idée de nuire, mais correspond également à l’avènement du net qui par définition est local et “global”.

MAJ 4/4

M. Shebli Anvar est également intervenu dans la discussion. Il affirme que les observations de la Miviludes ne sont pas accompagnées d’un rapport de 400 pages, comme l’article du Parisien permettait de le penser. Il indique que : “les 400 pages citées par le Parisien sont une erreur que la journaliste a reconnu avoir commise en raison du fait que le vrai rapport (sans guillemets) de la Miviludes pour l’année 2006 fait environ 400 pages. Comme la remarque en a été faite dans les commentaires ci-dessus, aucun élément de cette note n’a été inclus dans le rapport de la Miviludes.

M. Anvar est un acteur important de cette affaire, et c’est à ma connaissance la première fois qu’il s’exprime publiquement sur un blog. Le directeur de cabinet de la mairie d’Asnières à l’époque des faits, M. Francis Pourbagher, a été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour dénonciation calomnieuse de M. Anvar.

MAJ : Réponse de Carlo Revelli

MAJ 31/3 : Guerilla bloguienne

MAJ 6/4 :

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Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

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La mairie d’Asnières ne perd plus tous ses procès, Bruno de Beauregard s’en prend aux juges et en appelle au Ve pouvoir

MAJ 7/7/08 Bruno de Beauregard (fondateur Mayetic) condamné pour diffamation envers Manuel Aeschlimann

Commençons par le plus léger : je sais bien que c’est bientôt le 1er avril, mais Manuel Aeschlimann ouvre vraiment son blog ici :-)

Concernant les conclusions de la Cour d’Appel de Versailles, Bruno de Beauregard avait ouvert le bal dimanche dans sa note La Cour des Miracles vs Le Cinquième Pouvoir. Il estime en conclusion “que la preuve a été rapportée qu’aucune institution de notre soit-disant belle République ne fait son travail dans cette affaire, il me semble qu’il ne reste plus que le Cinquième Pouvoir à qui proposer de se prononcer.

La mairie d’Asnières diffuse aujourd’hui le communiqué suivant :

FONDATION ELAHI ET SOCIETE MAYETIC : LA JUSTICE AVANCE

Le 7 mars 2007, la Cour d’Appel de Versailles a rendu trois arrêts concluant à la relaxe du Maire-adjoint d’Asnières-sur-Seine, en charge de la Communication, Francis DELAGE dans des affaires de diffamation opposant celui-ci à :
- la Fondation ELAHI,
- Monsieur François AMELI, membre de la Fondation ELAHI,
- l’Association des Riverains et Habitants de la ZAC Métro à Asnières-sur-Seine.

Celles-ci font suite au Rapport Officiel de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires), paru en octobre 2006, qui recensait de nombreux éléments de “pratiques sectaires” de la part de la Fondation ELAHI et de ses divers satellites.

La MIVILUDES, qui qualifiait de “nébuleuse ELAHI” tout le réseau de sociétés et d’associations diverses créées dans le sillage de la Fondation ELAHI, incluait dans cette “nébuleuse”, l’Association des Riverains et Habitants de la ZAC Métro et la société “MAYETIC”.

Les deux cofondateurs de cette société “MAYETIC”, Monsieur Miguel MEMBRADO et Monsieur Bruno de BEAUREGARD, ont été mis en examen le 23 octobre 2006 et le 4 janvier 2007.

Ces deux personnes ne s’étant pas rendues aux convocations du juge, ils ont dû faire l’objet d’un mandat d’amener. Ces “membres importants de l’ensemble Ostad Elahi”, selon les termes de la MIVILUDES sont poursuivis pour avoir diffamé le Député-Maire d’Asnières-sur-Seine, Manuel AESCHLIMANN.

Ils avaient prétendu que la Mairie d’Asnières-sur-Seine serait responsable de la liquidation de la société MAYETIC. Or, la Caisse des Dépôts et Consignations a indiqué publiquement que sa décision de rompre ses relations avec cette société et de se retirer de son capital, s’est exclusivement fondée sur une analyse financière qui a constaté d’une part, la non réalisation des prévisions budgétaires 2005 de MAYETIC et d’autre part, l’absence de perspective d’entrée d’un nouvel investisseur contrairement aux engagements de cette société.

Charles CAILLET, Premier Maire-adjoint délégué à la Communication

Le Cinquième Pouvoir c’est joli, ça fait probablement vendre des livres, mais ça existe déjà depuis fort longtemps, c’est le peuple souverain. Jusqu’ici il choisissait ses représentants mais avait quelques difficultés pour s’exprimer. Les “nouvelles technos” fournissent certes un bon moyen, mais il y avait un certain flou juridique. Or sur ce point la Cour de Versailles consolide la liberté d’expression, exactement selon les mêmes principes que ceux appliqués à Christophe Grébert dans son procès contre la mairie de Puteaux, même si c’est cette fois Francis Delage, un maire adjoint voisin, qui en bénéficie. On n’est pas très loin de mon droit à dire n’importe quoi, ce qui est une très bonne nouvelle.

Si des politiques veulent s’amuser à introduire des labels et des contrôles (j’ai vu André Santini reprendre l’idée récemment, ce qui m’a un peu étonné) les juges ont répondu à deux reprises que ça ne peut pas s’appliquer au simple citoyen, et la Cour de Versailles rappelle que cela découle du droit européen, supérieur au droit français. Il n’a échappé à personne que le mandat de Manuel Aeschlimann vient bientôt à échéance, le peuple souverain a donc son bulletin, son clavier et la bénédiction des juges pour trancher la question.

Il est difficile de commenter une décision que l’on ne connaît que par bribes, mais il semble que les juges n’ont pas été convaincus par la théorie du Raspoutine-sur-Seine – Manuel Aeschlimann tapi partout, dictant les notes des services de renseignement, baîllonnant les journalistes, les rapports de la Miviludes etc. C’est plus probablement un très bon lobbyiste, qui, à tort ou à raison, est en lutte contre d’autres lobbyistes avec toutes les dérives, dégats et erreurs propres à ce type de conflits et aux organisations hiérarchiques.

Il est évident que l’organisation actuelle de l’Etat, qui s’explique pour des raisons politiques (prise de contrôle du parti majoritaire de (et depuis) l’i(I)ntérieur), fournit matière à soupçons. Paradoxalement, à ma connaissance, l’affaire Clearstream a eu pour effet pervers indirect de faire échouer le projet de contrôle par le parlement des activités des services de renseignement. Puisque chacun peut constater durant la campagne présidentielle que ces affaires n’ont pas d’impact, c’est l’occasion de mener ce projet à bien. A supposer qu’il fasse partie de la nouvelle majorité, je verrais bien le prochain député d’Asnières tout tenter pour être le rapporteur voire l’auteur de ce texte, qui mettrait un terme à cette lamentable exception française :-)

Conclusion temporaire : la France est un Etat de droit biscornu, mais comme on peut à peu près tout y dire et écrire, elle finira bien par le devenir pleinement.

Quant à la morale de cette histoire, voici celle du spécialiste ès-Cour de Versailles :

Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe

Un Loup disait que l’on l’avait volé :
Un Renard, son voisin, d’assez mauvaise vie,
Pour ce prétendu vol par lui fut appelé.
Devant le Singe il fut plaidé,
Non point par Avocats, mais par chaque Partie.
Thémis n’avait point travaillé,
De mémoire de Singe, à fait plus embrouillé.
Le Magistrat suait en son lit de Justice.
Après qu’on eut bien contesté,
Répliqué, crié, tempêté,
Le Juge, instruit de leur malice,
Leur dit : “Je vous connais de longtemps, mes amis,
Et tous deux vous paierez l’amende ;
Car toi, Loup, tu te plains, quoiqu’on ne t’ait rien pris ;
Et toi, Renard, as pris ce que l’on te demande. ”
Le juge prétendait qu’à tort et à travers
On ne saurait manquer, condamnant un pervers.

La Fontaine

Référence : La France est-elle un État de droit ?

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2007

Tous mes voeux de succès et de bonheur pour 2007.

C’est peut-être l’occasion de méditer ce propos de Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne, sur son blog :

The older I get – the less I am sure about knowing all the answers. The “higher-up” in my career – the more I need to be anchored in something practical/pragmatic. The more political responsibility I assume – the less I long to be in the spotlight……

Plus je vieillis, moins je suis sûre de connaître toutes les réponses. Plus j’occupe de hautes fonctions, plus j’ai besoin d’être ancrée dans quelque chose de pratique/pragmatique. Plus j’assume de responsabilités politiques, moins je tiens à être dans le feu des projecteurs.

Moi je dis qu’il est temps d’arrêter d’envoyer du personnel politique de seconde zone à Bruxelles ;-)