La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (V)

La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (I)

Un vrai politique

On a vu que le procès en inefficacité du député d’Asnières était vicié. Evoquons trois problèmes importants qui concernent la France et pas spécifiquement Asnières :

  • En 2002, le candidat de l’extrême droite est au 2e tour de l’élection présidentielle.
  • En 2005, les Français rejettent le traité constitutionnel qui leur est soumis par referendum.
  • En 2005, trois semaines de violences urbaines se déroulent dans les banlieues. Les analyses divergent sur leurs causes mais l’une d’entre elles est que leurs habitants se sentent rejetés par le reste de la société française.

Manuel Aeschlimann a-t-il tenté d’agir sur ces sujets ? Oui, dans les trois cas :

  • Sur la réduction du Front national, en 2005, dans l’International Herald Tribune, il indiquait :
    • “The idea is to try to win voters who are not naturally inclined to vote for Nicolas Sarkozy, but who will do so if he addresses their demands,” said Manuel Aeschlimann, who gauges public opinion for the Union for a Popular Movement, France’s leading center-right party, which is headed by Sarkozy.
      In an interview Thursday, Aeschlimann said that the vast majority of the National Front’s electorate supported the party “with very personal and local concerns in mind.”
      He added: “We think 50 percent of them could be persuaded to vote for Nicolas Sarkozy if we make law and order a priority.”
    • L’idée est de tenter de gagner des électeurs qui ne se portent pas naturellement sur Nicolas Sarkozy, mais qui le feront s’il répond à leurs attentes. Une vaste majorité d’électeurs du Front national soutient ce parti pour des raisons très personnelles et locales. Nous pensons que la moitié d’entre eux peuvent être persuadés de voter pour Nicolas Sarkozy si nous faisons de la loi et de l’ordre une priorité.
    • Ces propos ont naturellement suscité la polémique. Il n’en demeure pas moins qu’ils sont complètement assumés et qu’ils ont été appliqués à la lettre et avec succès deux ans plus tard. On peut certes considérer que ça revient à faire du Le Pen sans Le Pen, mais on ne peut contester une certaine justesse d’analyse qui a conduit au résultat escompté. Le Pen, qui fait de la politique depuis plus d’un demi-siècle, n’a semble-t-il compris que quelques semaines avant l’élection qu’on ne préférerait pas comme d’habitude l’original à la copie. Pur coup de bol, obtenu certainement en se tournant les pouces.
    • Dans les pays où il est possible d’évoquer ce sujet sans se retrouver couvert d’un torrent de boue, on appelle ça le progressive dilemma :
      • It was the Conservative politician David Willetts who drew my attention to the “progressive dilemma”. Speaking at a roundtable on welfare reform, he said: “The basis on which you can extract large sums of money in tax and pay it out in benefits is that most people think the recipients are people like themselves, facing difficulties that they themselves could face. If values become more diverse, if lifestyles become more differentiated, then it becomes more difficult to sustain the legitimacy of a universal risk-pooling welfare state. People ask: ‘Why should I pay for them when they are doing things that I wouldn’t do?’ This is America versus Sweden. You can have a Swedish welfare state provided that you are a homogeneous society with intensely shared values. In the United States you have a very diverse, individualistic society where people feel fewer obligations to fellow citizens. Progressives want diversity, but they thereby undermine part of the moral consensus on which a large welfare state rests.”
      • C’est l’homme politique conservateur David Willets qui a attiré mon attention sur le dilemme progressiste. Lors d’un colloque sur la réforme de l’Etat providence, il indiquait : “Le principe qui permet de redistribuer de vastes sommes ne fonctionne que parce que la plupart des gens pensent que les destinataires de l’aide sont des gens comme eux, face à des difficultés qu’ils pourraient eux-mêmes rencontrer. Si les valeurs deviennent plus diverses, si les modes de vie deviennent trop différenciés, alors il devient plus difficile de donner une légitimité à la fonction d’assurance-risque de l’Etat providence. Les gens demandent : “Pourquoi devrais-je payer pour eux alors qu’ils font des choses que je ne ferais pas ?” C’est les Etats-Unis contre la Suède. Vous pouvez avoir un Etat-providence pourvu que votre société soit homogène avec des valeurs partagées intensément. Aux Etats-Unis vous avez une société très diverse, individualiste (…). Les progressistes veulent de la diversité, mais ils fragilisent de la sorte une partie du consensus moral sur lequel repose l’Etat providence.
      • La gauche française a ceci de paradoxal qu’elle a tranché ce dilemme, mais qu’elle n’arrive pas à l’assumer : Nicolas Sarkozy a plus régularisé d’étrangers que ses prédécesseurs socialistes.
      • On notera que dans cette optique l’accent mis sur les valeurs et l’identité est cohérent avec la défense du modèle de protection sociale français. Chacun voit bien les risques de dérives. C’est justement le rôle de l’opposition de les montrer ou de les empêcher. Mais ça ne peut être efficace que si l’on respecte l’adversaire qui représente des électeurs qu’il faut convaincre. A moins que l’objectif soit de rester éternellement minoritaire pour pouvoir continuer à se plaindre sans jamais agir.
  • Sur le traité constitutionnel, il s’en prend à Jean-Pierre “Win the yes” Raffarin en lui demandant par média interposés de se mettre en retrait de la campagne. Il jugeait apparemment qu’il la plombait. C’est une analyse assez difficile à contester, mais j’ai trouvé moyen de le faire : il aurait dû poursuivre sa critique jusqu’à Jacques Chirac.
  • Sur les problèmes des banlieues, la critique serait plutôt qu’il en a trop fait, ou pas comme il faut :
    • Mise en place du communautarisme dans sa ville, selon ses opposants. Il est difficile d’en juger le degré car il maintient dans le même temps que cela ne l’empêche pas de mener une politique d’intérêt général.
    • Dans un parti paraît-il de godillots, il s’en prend en 2004 au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin – c’est une manie – et à sa “beurette gadget” (Tokia Saïfi). En détails ça donne : “Les Français issus de l’immigration méritent mieux que cela. L’effet Tokia Saïfi n’aura duré que le temps des législatives 2002, la droite est incapable de faire émerger de vraies personnalités charismatiques parmi les jeunes issus de l’immigration. Il y a vraiment un vote ‘beur et black’ qui n’est pas pris en compte par la droite.” Ce point de vue a visiblement été entendu lors de la campagne présidentielle et lors de la composition du nouveau gouvernement.
    • Son directeur de cabinet était d’origine iranienne et se voyait semble-t-il lui succéder.
    • Le bilan de ces expériences est très difficile à établir en raison des controverses. On note en tout cas que le député semble s’être replié sur le système de sélection classique des élites françaises pour le recrutement de ses nouveaux collaborateurs.
    • Comme pour l’absentéisme, les critiques envisagent le problème par le petit bout de la lorgnette, et si l’on regarde les élus confrontés à des questions similaires, les “dérives” communautaristes sont parfois presque plus extrêmes :
      • Communiqué de Jean-Paul Huchon, président [socialiste] du conseil régional d’Ile de France, En ce lundi 1er Chawel 1427 de l’Hégir, qui correspond au 23 octobre 2006 de notre calendrier, je souhaite à tous les musulmans d’Ile de France et de France une très bonne fête de l’Aïd al Fitr.
        Je souhaite qu’Allah accepte votre jeûne et vous comble de Sa Clémence et de Sa Miséricorde. “
      • Sébastien Pietrasenta, suppléant de la candidate socialiste aux dernières législatives contre Aeschlimann, n’a pas manqué de relayer l’appel de l’interassociative lesbienne et gaie à faire barrage à Manuel Aeschlimann “pour le respect et le droit de chacun de vivre dans la dignité“. Apparemment le député a signé avec 157 de ses collègues un texte affirmant son opposition au mariage ainsi qu’à l’adoption et la formulation porte atteinte à la dignité.

Se pourrait-il finalement que le vote se fasse sur enjeu et qu’on montre du doigt celui qui ose sortir de l’hypocrisie en appelant les choses par leur nom et en les systématisant ?

MAJ 5/8

  • E Pluribus Unum: Diversity and Community in the Twenty-first Century : compte-rendu d’une étude de Robert Putnam menée sur près de 30.000 personnes aux Etats-Unis. L’étude a été réalisée en 2000, mais Putnam a refusé de la publier “jusqu’à ce qu’il puisse développer des propositions pour compenser les impacts négatifs de la diversité”, soit jusqu’en juin 2007 dans cet article publié par les Scandinavian Political Studies. Extrait : “New evidence from the US suggests that in ethnically diverse neighbourhoods residents of all races tend to ‘hunker down’. Trust (even of one’s own race) is lower, altruism and community cooperation rarer, friends fewer. In the long run, however, successful immigrant societies have overcome such fragmentation by creating new, cross-cutting forms of social solidarity and more encompassing identities.”
  • The downside of diversity, article du Boston Globe sur l’étude de Putnam, publié ce jour.

Prochaine note : Corruption

Les notes de cette série :

  1. Introduction
  2. Opacité à Asnières
  3. Un heptatraître
  4. Un député activement paresseux
  5. Un vrai politique
  6. Corruption
  7. Déni de réalite (Retirée)

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

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17 Responses to “La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (V)”


  • Lionel,

    Concernant le graphique sur les régularisations:

    1. Lis l’article qui lui est lié, il est très instructif (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-892223,0.html).

    2. Comme d’autres internautes, je m’interroge sur la source de ce graphique (AMAEM).

    Pour le reste, je fatigue à vouloir commenter. Juste un cas pour illustrer ta méthode. MM. Huchon et Pietrasanta ont certainement caressés certains groupes dans le sens du poil, mais ils ont encore beaucoup à apprendre de M. Aeschlimann en matière de marketing communautariste.

    Si tu voulais être crédible sur le sujet, il faudrait une étude un peu plus systématique des paroles et des actions des uns et des autres.

  • japarthur :

    tu écris :

    “ils ont encore beaucoup à apprendre de M. Aeschlimann en matière de marketing communautariste.”

    j’écris de M. Aeschlimann :

    qu’il “ose sortir de l’hypocrisie en appelant les choses par leur nom et en les systématisant

    tu ne veux visiblement pas voir que ce ne sont pas des attaques mais simplement des constats que face aux mêmes problèmes, les tentations et les réactions sont les mêmes. je précise bien que M. Aschlimann systématise. par ailleurs, je pense que l’article qui cite le communiqué de huchon est pour le moins édifiant.

    j’avais lu l’article en question. je ne vois pas bien en quoi il modifie mon propos : la gauche a une image qui ne correspond pas à la réalité.

    et bien interroge-toi avec d’autres internautes sur la source en vertu du principe que ce qui n’existe pas sur internet n’existe pas. quand tu auras fini, tu te reporteras au site suivant :

    http://www.anaem.social.fr/

    ahlalala ces internautes et ces journalistes ;-)

  • Lionel,

    1. J’écris: “ils ont encore beaucoup à apprendre de M. Aeschlimann en matière de marketing communautariste.”

    Tu écris qu’il “ose sortir de l’hypocrisie en appelant les choses par leur nom et en les systématisant”, puis “tu ne veux visiblement pas voir que ce ne sont pas des attaques mais simplement des constats que face aux mêmes problèmes, les tentations et les réactions sont les mêmes. je précise bien que M. Aschlimann systématise.”

    Bien sûr que ce sont des attaques, si l’ont considère que le communautarisme n’est pas la bonne solution. Je continue à penser qu’il y a au moins un ordre de grandeur d’écart entre saluer une communauté à l’occasion d’une fête et les différentes actions de M. Aeschlimann envers la communauté musulmane d’Asnières. Tu devrais relire les propos du représentant de la mosquée:
    http://japarthur.typepad.com/mon_weblog/2006/12/131206.html

    Quant, de plus, un témoin rapporte que l’imam d’Asnières a appelle à voter M. Aeschlimannn aux législatives, on est vraiment pas loin du clientélisme.

    “par ailleurs, je pense que l’article qui cite le communiqué de huchon est pour le moins édifiant.” A quel propos ?

    2. “j’avais lu l’article en question. je ne vois pas bien en quoi il modifie mon propos : la gauche a une image qui ne correspond pas à la réalité.”

    L’article se termine ainsi: “Ce qui se passe est le contraire de ce [que N. Sarkozy] voulait éviter avec sa nouvelle loi de 2006, à savoir une immigration d’installation liée à l’arrivée de clandestins. Mais il est illusoire de n’avoir qu’une immigration choisie de travailleurs qualifiés et d’étudiants de hauts niveaux.”

    Mais bien sûr c’est la gauche qui est à côté de la plaque…

    3. Concernant l’ANAEM, j’ai cherché – un peu – et pas trouvé. Au temps pour moi. (Je vais aller dire deux mots au relecteur du Monde ;o)

  • 1. quelques extraits de l’article :

    “On connaît la tentation du communautarisme dans la gestion des affaires de Sarcelles, la circonscription de Dominique Strauss-Kahn. Les communautarismes musulmans, et juifs ne se sont jamais aussi bien portés là-bas.”

    “En ce début d’automne 2006, les incendiaires des cités de banlieue sont calmés soir après soir par des médiateurs en khamis et calotte islamique, qui participent à des rondes ” citoyennes “. Dans les cités de banlieue, la tendance à l’organisation d’équipes religieuse de ” prévention ” qui sortent de la mosquée voisine”

    “C’est le conseiller régional Mouloud Aounit qui doit être content, celui qui a instrumentalisé le MRAP pour en faire le soutien le plus sûr au communautarisme religieux”

    “mais rappelons que le parti socialiste s’est déjà tristement illustré par des décisions locales très antilaïques à visée électorale, avec des élus comme Martine Aubry à Lille, qui a instauré des entrées séparées pour hommes et femmes dans les piscines.”

    je ne passe pas mon temps à exposer mes opinions politiques, mais si tu lis quelques notes que j’ai pu écrire avant de m’intéresser à Asnières, il est assez facile de voir ma proximité politique avec DSK et donc avec Huchon.

    sur le communautarisme, je constate que les Anglais regardent vers chez nous parce qu’ils trouvent que leur modèle ne marche pas, que les Hollandais ont mis à la poubelle leur modèle aussi et je vois aussi que nous regardons vers les autres parce que nous trouvons que le nôtre ne marche pas. en bonne logique on devrait en conclure que ce n’est pas les modèles le problème.

    par ailleurs, dans les études comparatives européennes que j’ai pu lire, c’est en France que les musulmans placent le plus leur appartenance nationale avant leur appartenance religieuse, donc tout ne doit pas être à jeter. si tu lis cette note à vocation satirique rédigée à la suite de voeux consternants d’un ancien président de la République, tu comprends de plus que j’attribue les problèmes d’intégration à tout autre chose : le fait que la mobilité sociale soit pour l’instant bloquée en France.

    mais il y a une chose qui est claire : je ne suis pas au contact direct de ces questions, il s’agit donc d’une vision théorique et je considère qu’un élu local sur le terrain en a une bien meilleure vision que moi. incroyable : je pars du principe que dans ce domaine je ne détiens pas la vérité, et je regarde avec curiosité ce que tentent les élus locaux. les condamnations par principe et les anathèmes rendent le retour sur expérience extrêmement difficile à réaliser, et c’est bien dommage, car on passe deux fois à la caisse : une fois à cause des dégâts causés par les expériences, et une seconde fois parce qu’on ne profite pas de ce qui a marché.

    2. mais je ne dis pas que la gauche est à coté de la plaque, je dis qu’elle n’assume pas des choix pertinents qu’elle a fait depuis au moins michel rocard. résultat sarkozy passe pour un dur, ce qui lui permet d’une part de répondre à une attente forte de l’électorat, d’autre part de lâcher beaucoup plus de lest que ne le pourrait la gauche et enfin de changer l’image de la France pour tarir un peu les flux entrants par rapport à notre capacité à intégrer. il est en même temps censé développer notre message “droit de l’homme” pour compenser, mais comme il passe pour un alcoolique quand il sort de chez poutine, il doit y avoir quelques ratés :-)

    je ne vais pas encore dire que s’il y avait la suite de mes notes on comprendrait mieux ma démarche, mais j’en ai très envie :-)

  • Lionel,
    Je me permets de revenir sur ton troisième point:

    1. Tu mentionnes en préambule les violences de novembre 2005.

    2. Quand tu reviens sur le sujet, c’est en parlant des “immigrés récents”. Le lien avec le point 1 ci-dessus me paraît tout sauf évident.

    3. Tu développe ensuite un peu en parlant de différents sujets qui n’ont pas tous à voir avec les points 1 et 2 ci-dessus.

    4. Tu ne mentionnes pas sa seule action lors des émeutes, à savoir la création d’une veille citoyenne, ayant attiré un regard assez goguenard de la presse et la réprobation de la police [voir 08.11.05].

    Après cela, tu espères vraiment être pris au sérieux ?

  • 1. et 2. : les violences ont eu lieu dans les banlieues où nous avons concentré ce que j’appelle nos immigrés récents, pour l’essentiel d’origine africaine. l’une des analyses qui a été faite des violences urbaines est que les habitants des banlieues (dans ce contexte black et beur) se sentaient rejetés par le reste de la société française, car peu représentés à part en équipe de france, dans la musique, au cinéma etc. aeschlimann a plaidé, avant même les émeutes, pour qu’ils le soient sérieusement au gouvernement, ce qui dans un pays comme la france est symboliquement très important. la france est dans les faits un pays corporatiste et jusqu’à un certain degré clientéliste, avec des variations très fortes en fonction des élus. ça vient de la population elle-même. c aussi un pays encore très centralisé : les décisions sont prises au sommet, chaque groupe veut donc être représenté, entendu… on a donc obligatoirement un corse au gouvernement, un représentant des agriculteurs etc. naturellement nous avons de beaux principes et un discours tout autre, et j’essaye de montrer qu’aeschlimann a ceci de spécial qu’il est moins hypocrite que la moyenne puisque, quand il le peut sans se retrouver au tribunal, il assume et appelle les choses par leur nom. si tu lis certains de ses rapports sur la fiscalité locale, tu t’aperçois aussi que c un décentralisateur, ce qui ici aussi n’est pas vraiment dans les habitudes, même si ça commence à changer.

    je suis parfois un peu elliptique, mais il faut aussi considérer que je pars du principe que je suis lu par des Français pour qui dans ce contexte l’équivalence immigrés récents = black-beurs = banlieues est évidente. elle est naturellement dans l’absolu fausse, puisque le nouveau président de la république est un immigré récent et habitait presque en banlieue, à neuilly :-) le terme consacré est “personne issue de l’immigration”, mais c’est assez grotesque car la france est une terre d’immigration depuis au moins napoléon.

    4. oui, je pense qu’il aurait mieux fait de s’abstenir sauf que si tu lis l’article que je cite, ici aussi, il y a eu à la même période d’autres patrouilles citoyennes, en khamis et calotte islamique cette fois. aeschlimann a rendu les siennes visibles en les médiatisant, et ici aussi, en assumant cette médiatisation. enfin, le fait que les médias de gauche réprouvent lui est probablement complètement indifférent, car ce n’est pas à eux qu’il s’adresse. l’info est probablement passée sur tf1 et dans les médias régionaux et là les gens ont dû trouver ça très bien. je schématise naturellement. quant au fait que des syndicats de policiers alertent et condamnent, c très bien aussi.

    il ne s’agit pas de juger sa politique, simplement de signaler que c un vrai politique qui utilise notamment les symboles pour produire du fait politique. si le reflux de l’extrême droite est durable, on pourra dire qu’il y est pour quelque chose. apparemment le nouveau gouvernement plaît beaucoup dans les fameuses banlieues. là aussi, il n’y est pas pour rien. alors c ptet juste de l’affichage, mais c ça aussi la politique, depuis toujours, de la symbolique. pour un type inefficace…

  • voilà j’ai remplacé “immigrés récents” par “problèmes des banlieues” pour que ce soit plus clair pour tous nos amis de la francophonie :-)

  • une chose qui est sous-entendue aussi, mais pas dite, car c’est un gros mot, c’est que historiquement le vote “black-beur” appartient à la gauche (on dira hypocritement que c’est pour des raisons économiques)

    ça s’est vérifié lors de la présidentielle, en tout cas :

    http://www.objectif-info.fr/pridentielle-2007-le-choc-du-vote-ethnique.html

  • Lionel,

    1. Tu as mentionné le cas de F. Pourbagher et précisé que sinon il s’est “replié sur le système de sélection classique des élites françaises”. Quelques remarques sur ses actes:
    a. Regarde sa majorité municipale (l’opposition ne fait guère mieux).
    b. Regarde le traitement de MM. Bentebra et Ech Zetouani. Il les a utilisés, puis jetés.
    c. Tu oublies les autres modes de sélection très à la mode: le népotisme et le copinage.

    2. Si tu lis le Figaro – média de gauche par excellence – tu verras que le comité a été créé 10 jours après le début des incidents, au moment où les choses commençaient à se calmer…

    3. “il ne s’agit pas de juger sa politique, simplement de signaler que c un vrai politique qui utilise notamment les symboles pour produire du fait politique.” Ma définition d’un vrai politique est différente, pour ne pas dire diamétralement opposée. Par ailleurs, ce serait vraiment bien si tu jugeais sa politique: une analyse sereine et circonstanciée serait vraiment utile.

    4. “si le reflux de l’extrême droite est durable, on pourra dire qu’il y est pour quelque chose. apparemment le nouveau gouvernement plaît beaucoup dans les fameuses banlieues. là aussi, il n’y est pas pour rien. alors c ptet juste de l’affichage, mais c ça aussi la politique, depuis toujours, de la symbolique. pour un type inefficace…” Je suis d’accord avec toi qu’il faut attendre pour juger, car ces jours, une ministre “issue de l’émigration” est sur la sellette et l’autre, on ne l’a quasiment pas entendue depuis sa nomination. Gare à l’effet boomerang s’il s’avère qu’il ne s’agissait que de “gadgets”, pour reprendre une des charmantes expressions de M. Aeschlimann.

  • 1. je cite F. Pourbagher vu qu’il se voyait semble-t-il lui succéder. dans le point juste après, j’indique que le bilan est difficile à établir en raison des controverses. ca revient exactement à ce que tu dis. tu veux que je détaille avec des “faits” controversés. on ne connaît rien au bilan des diverses personnes que tu cites. dans le cas de pourbagher, le moins que l’on puisse dire, c que pour un dircab, il a fini par poser de sacrés problèmes d’image. tu peux très bien en conclure qu’aeschlimann prend les gens pour des citrons qu’il presse, puis jette. pour ce qui me concerne, ce n’est qu’une hypothèse. je retiens donc simplement que l’expérience, concernant ses collaborateurs, semble se solder par un échec au vu de ses choix suivants. pour moi ça illustre que c probablement plutôt au niveau de nos systèmes de sélection qu’il faut s’assurer qu’on ne rejette pas les habitants des banlieues. tiens, c exactement ce que j’écrivais dans ma note satirique d’il y a deux ans. en l’espèce l’expérience consistant à les court-circuiter pour hâter les choses ou compenser semble s’être révélée hasardeuse. scientifiquement c d’ailleurs purement anecdotique et il faudrait le vérifier par ailleurs. dans un pays où ce genre d’étude est politiquement incorrecte, on en restera donc là.

    copinage et népotisme : déjà évoqué ailleurs et plus tard, je n’y reviens pas. jusqu’à un certain degré ça fait pour l’instant partie des moeurs du pays. quand on montre que c’est courant, pas spécifique aux UMP estampillés 92, ce sont des attaques intolérables. fallait pas couper la tête du Roi, on se retrouve avec une aristocratie républicaine pour compenser… j’ai bien peur que pour régler le problème rapidement, il faille couper la tête d’une bonne majorité de Français. soyons raisonnables : retirons-leurs le droit de vote et n’en parlons plus. si tu veux passer à autre chose, la méthode est simple : tu instaures de nouvelles règles, claires, et tu fais une amnistie sur le passé. des démarches comme anticor qui suggèrent que le mal est localisé à l’UMP n’ont aucune chance d’aboutir.

    2. j’imagine que c aussi parce que les émeutes s’étaient calmées que le gouvernement a autorisé un couvre-feu le 12e jour… je réagissais à l’appréciation sur l’initiative. sur le fond, j’ai déjà pas mal fait savoir que c à mon avis une mauvaise idée. il reste que ce sont des sujets auxquels je ne connais rien concrètement. tout ce que je vois, c’est qu’il semble bel et bien y avoir un vote ethnique. étrange : quand c la gauche qui le cultive c normal, ou alors de petits péchés véniels. quand c un type de droite qui s’y intéresse de façon méthodique, c un péché capital. or si la droite refait son retard sur ce vote-là en prenant en compte ses préoccupations, il n’y a plus de vote ethnique !

    3. j’ai mis “notamment” et “aussi”, je n’ai dit nulle part que ce n’était que ça ! la comm sans résultats concrets, à la longue ça ne marche pas. inversement, des résultats concrets sans comm, ça ne marche pas d’avantage pour l’instant.

    influencer ou être à l’origine de choix nationaux, c typiquement de la vraie politique. la loi de finance est l’un des actes politiques majeurs chaque année, être rapporteur de tout ce qui concerne les relations entre les collectivités locales et l’Etat, dans un pays qui se décentralise, ce n’est certainement pas médiatique, mais c utile. la décentralisation était l’une des réformes clé du quinquennat passé.

    quant à juger sa politique, j’ai déjà dit que ce qui est disponible en ligne est très insuffisant pour le faire. on n’a en gros que ses déclarations. au niveau de la mise en oeuvre, on a surtout des mises en causes et des questions, restées sans réponse, sauf à prendre en compte sa comm et son site de campagne. vu les refus de droit de réponse et les acteurs, tout est biaisé. quand j’indique que faire ce que l’on dénonce est très problématique, ce n’est pas pour des questions de morale, mais pour des questions de crédibilité. et j’ai naturellement indiqué que c du point de vue de l’efficacité et de la crédibilité que je me plaçais.

    étonnant : je précise que je ne peux faire le bilan, j’ajoute même en commentaire combien c regrettable. ma note établit simplement qu’aux trois problèmes importants cités, il y a soit eu des résultats, soit des tentatives de réponse et des anticipations, et pas que symboliques. mais tu veux que je fasse le bilan !

    4. tu veux dire ça comment ? femme issue de l’immigration qu’on a mis au gouvernement pour faire joli et qui ne fait rien ? moi quand j’évoque le même problème pour le critiquer, je parle d’arabe de service, c bien pire. mais on peut en revenir au “cachez ce sein que je ne saurais voir…” si tu préfères. vive la valorisation par le vocabulaire faute d’agir pour améliorer la réalité. qui parlait d’affichage ?

    on verra l’avenir du ministre de la justice. il me semble que son départ signifierait qu’on ne peut pas être issu des quartiers, avec tous les liens que ça comporte, et être accepté par la société française. en attendant, et comme d’habitude, on ne parle pas du fond, puisqu’elle a fait voter un projet de loi sur la récidive et l’excuse de minorité. sur le sujet Manuel Valls (tiens, comme par hasard un immigré récent lui-aussi, mais tout blanc, et confronté aux mêmes réalités qu’Aeschlimann au niveau local) montre qu’il reste encore de l’espoir au PS pour ceux qui en attendent une opposition constructive et digne de ce nom.

    au fait, le seul rapport de Manuel Valls comme député est :

    Rapport de M. Manuel Valls sur la proposition de loi de M. Jean-Marc Ayrault et plusieurs de ses collègues visant à permettre la diversité sociale dans la composition des classes préparatoires aux grandes écoles et autres établissements sélectionnant leur entrée (2688)

    à rapprocher de ce que j’écrivais dans ma note satirique sur le sujet le 5 janvier 2006 :

    Enfin, et surtout, j’entends des discours étranges, dernièrement. La France serait soudainement devenu un pays raciste. Alors que l’on m’explique pourquoi le taux de mariage mixte aux Etats-Unis est quasi nul, alors que les mariages mixtes sont une réalité banale de la société française contemporaine ? Que l’on m’explique comment un pays raciste peut avoir parmi ses deux personnalités de l’année un noir et un kabyle ? Que le plus grand comique Français actuel s’appelle Djamel ?

    Un pays raciste qui se donne bonne conscience aurait son arabe de service, un peu comme nous au gouvernement. Mais en fait, regardez un peu les CV, il y a combien de gens au gouvernement qui n’ont pas fait une grande école ? Or comme l’entrée à certains points de passage se fait sur la réputation des établissements scolaires, être catalogué en ZEP est immédiatement signe de mauvais niveau. Où comment un « label » destiné à aider les gens finit par les stigmatiser.

    Il y a effectivement des discriminations, et il y a effectivement des quartiers défavorisés. Mais même le fait de présenter les choses ainsi, c’est stigmatiser des Français comme les autres. La République a eu tort de parquer tous ceux qui souffrent le plus au même endroit, je le reconnais, mais c’est un problème difficile à résoudre parce que c’est l’ensemble de la société française qui est bloquée. Ceux qui sont au plus bas de l’échelle souffrent le plus, et souvent ce sont les derniers arrivés. Réduire cela à des couleurs de peaux et à des coutumes, c’est ne rien comprendre à notre vrai problème, qui est de remettre notre société en mouvement, de permettre à chacun et à chacune de voir son avenir dans un sens positif, de redynamiser la mobilité sociale.

    mais t’as raison, ce que je dis n’est ni sérieux, ni réfléchi, ni constant.

  • manuel valls dans son discours du 17 juillet à l’Assemblée :

    “Suite à votre première intervention à la tribune de l’Assemblée nationale, je souhaite vous faire part de notre respect pour la personne que vous êtes et pour le symbole que vous représentez et qui honore la République. Vous nous trouverez à vos côtés face à des attaques déplacées et qui n’ont pas lieu d’être. Mais ce respect nous oblige aussi à la franchise. Et c’est pourquoi le groupe socialiste tient à vous dire que votre projet sera au mieux inefficace et au pire dangereux.”

    son discours se caractérise par une partie critique et une partie proposant une politique alternative :

    http://progres.typepad.fr/valls/files/discours_rcidive.pdf

  • Quelque chose me dérange malgré tout (et je pense une grande partie de tes commentateurs) sur ton approche de cette affaiet et surtout sur le terme de “Vrai politique”.

    Je ferais le parallèle avec le tour de France. Suivant la logique que tu utilises on pourrait qualifier Lance Amstrong de “Vrai” professionel.

    Tant qu’il n’a pas été condamné par la justice (sportive), la “victoire” est là pour prouver la pertinence de sa stratégie. On peut le soupçonner, mais rien ne prouve qu’il ait triché.

    On peut aussi railler les adversaires (supposés honnêtes) de n’avoir pas le niveau.

    Sauf que sur le long terme, l’image de Lance Amstrong se terni, et avec lui celle du tour de France (de moins en moins de monde y croient). Certes ils y a toujours autant de spectateurs, mais les gens sont désabusés.

    Je pense qu’il en est de même pour la politique …

  • @laurent

    Salut Laurent,

    j’aime bien ta comparaison avec Amstrong et le tour de France… Ma compréhension de la “bulle politique asniéroise” est que Aeschlimann par toutes sortes d’artifices arrive à passer entre les mailles du filet du contrôle “sportif”.

    Cela pose plusieurs questions,
    1- Etant toujours “innocent” cela donne-t-il malgré tout un label de politicien “fréquentable” à Manuel Aeschlimann ?
    2- Quid des services de contrôles (complaisance, connivence ou incompétence ?)
    3- Le public (les électeurs) étant toujours nombreux, les commentateurs avisés sont-ils en droit de continuer à s’ésbaudir des performances du champion?

    Au même titre que le Tour de France la bulle politique Asniéroise met en évidence l’énorme hypocrisie de la communication politique actuelle. En étant très cynique on peut dire que:
    1 les électeurs se contrefoutent des labels “éthiques”,
    2 la propagande massive fonctionne très bien,
    3 Résultat: l’élection n’est qu’une question de budgets investis dans la propagande (qu’on ne me parle pas de vérification des comptes de campagne…)

    Le fossé qui se creuse entre une France Spectatrice et une autre France qui voudrait bien que l’on continue à croire à la fable de la démocratie.

    L’internet et le monde des blogs est le seul moyen d’imaginer une nouvelle voie, non cadenassée par la classe politique en place.

    Comme dans le vélo, c’est une véritable révolution qu’il faut imaginer.

  • ~laurent :

    concernant le cyclisme, il faut bien voir que le dopage existe depuis le début. il est à peu près certain que tous les grands coureurs qu’on vénère aujourd’hui se sont dopés d’une façon ou d’une autre. la différence est que c’était pratiqué de façon artisanale (il y a eu des morts pour cause de dopage dans les années 60, thevenet qui est devenu consultant pour la télé était surnommé l’”armoire à pharmacie” et a reconnu s’être dopé etc.)

    le problème vient de l’industrialisation et sans doute aussi du fait que ça permet à des coureurs de devenir champions, qui sinon “naturellement” n’auraient eu aucune chance.

    en d’autres termes, nous exigeons du cyclisme ce que historiquement il n’a jamais fait : rouler à l’eau claire.

    cette exigence est d’ailleurs assez paradoxale, puisque dans le monde de l’entreprise, par exemple, on se dope pour être plus performants, pour tenir le choc etc. bref on attend des “idoles” sportives qu’elles soient meilleures que nous, et en même temps on les soupçonne d’être comme nous.

    concernant armstrong spécifiquement l’échantillon de son premier tour a été testé positif à l’EPO, mais comme il n’y a pas de deuxième échantillon et que les tests plusieurs années après sont illégaux, on ne peut pas le condamner.

    étant donné que les coureurs juste après lui ont tous été mêlés à un moment ou un autre à des affaires de dopage, que le vainqueur du tour juste avant lui vient de reconnaître qu’il était dopé, il est assez normal que son image soit ternie.

    concernant la politique, on attend tout d’un coup qu’elle change radicalement par rapport à des siècles de pratique en passant à la transparence, ce qui est quelque chose qui ne correspond vraiment pas à la culture française. il se trouve que pour des raisons techniques, on n’a pas le choix, comme je l’expliquais dans ma note sur loic et la transparence :

    “S’opposer à la transparence est vain. Non pas pour des raisons morales. Le culte de la transparence est d’importation. La société française fonctionnait à sa façon sur d’autres principes. Mais pour des raisons techniques.

    Tout ce que nous faisons et disons laisse des traces, et de plus en plus. Toute tentative d’étouffement ou de falsification a de grandes chances d’être repérée. Un disque dur n’est jamais véritablement effacé, la partie visible d’un fichier n’est que la face émergée de l’iceberg, nous laissons nos empreintes partout sur le net, et notre mobile permet de nous suivre à la trace. Et ce n’est qu’un début.”

    Depuis lors on a retrouvé des notes “effacées” d’un général, par exemple.

    Donc tu peux prendre une photo à un instant donné et te taper un bouc-émissaire, en l’espèce aeschlimann. oui il fait de la comm, oui la comm et la sincérité sont deux choses différentes, oui il participe à des campagnes de dénigrement de ses adversaires en se cachant derrière des lampistes etc. ce que j’essaye simplement de décrire, c’est l’ensemble du système.

    la chasse au bouc-émissaire n’aboutit strictement à rien, à part faire perdurer le système. pourquoi ? tout simplement parce que ça montre que démolir un adversaire en le diabolisant marche, puisque l’on ne veut pas voir que les choses étaient identiques avant lui, que ses adversaires font pareil, que divers anciens présidents et premiers ministres jouent au même jeu, etc.

    quand on s’intéresse de près à aeschlimann, il est aisé de voir que c’est, malgré tout ce qu’on raconte, quelqu’un de brillant qui n’a pas besoin de démolir l’adversaire pour gagner. mais le système est ainsi fait qu’il n’a pas le choix, juste pour neutraliser l’effet du dénigrement des autres.

    c exactement le même problème que pour le dopage. la course serait tout aussi intéressante si personne ne se dopait, peut-être même plus car il y aurait des défaillances plutôt que des regnes sans partage à la armstrong. mais comme certains le font, tout le monde est obligé de le faire. c même plus pervers que ça, puisque tu ne sais pas qui le fait et qui ne le fait pas, mais comme tu dois te préparer pendant un an avant, tu pars du principe que ce sera le cas.

    enfin je suis preums sur la métaphore sur le cyclisme ici ;-) :

    http://www.zebraincast.com/blog/archives/157#comment-28074

    donc je suis d’accord avec vous sur le changement de système, mais s’en prendre à une personne spécifiquement, qui dans tant de domaines est diabolisée ce qui signifie qu’il est impossible de démêler le vrai du faux, c’est refaire toutes les erreurs du cyclisme.

  • Lionel,

    Je ne comprends pas pourquoi tu prends la défense d’Aeschlimann, on s’en fout d’Aeschlimann… Il n’est ni plus brillant ni moins brillant que les autres.
    Aeschlimann est juste représentatif de pratiques politiques contestatbles, avérées, enregistrées (voir Japarthur pour plus d’infos).

    En a-t-il fait plus ou moins que les autres ? la n’est pas le problème. Ce qu’il a fait (ou fait faire…) est suffisamment transparent, grace à la mobilisation des internautes, pour que l’on sache si c’est le modéle de gouvernance dans lequel nous voulons vivre.

    Aeschlimann sert juste d’illustration, de support, pour une analyse en profondeur du besoin de réforme de notre système politique. Sans désir de réforme l’internet restera virtuel (donc inutile).

    Prends donc Aeschlimann comme une étude de cas point barre. C’est le système qui est malade, Aeschlimann n’est qu’un symptôme. On ne prends pas la défense de la température ou de la toux… on en cherche la cause et on la soigne.

  • philippe :

    1- Etant toujours “innocent” cela donne-t-il malgré tout un label de politicien “fréquentable” à Manuel Aeschlimann ?
    2- Quid des services de contrôles (complaisance, connivence ou incompétence ?)

    sur sa gestion financière, le dernier rapport de la cour régionale des comptes remonte à 2001. il y a clairement un problème à régler de ce côté là. il n’est pas normal que les prochaines municipales aient lieu sans que sa gestion ait été auditée. c’est aussi nocif pour lui que pour ses opposants, d’ailleurs.

    sur la question de la corruption, il est mis en examen. si tu lis sa lettre, visiblement le juge d’instruction est tout sauf complaisant et connivent avec lui.

    faut vraiment arrêter de croire que les juges ne sont pas indépendants. on peut soupçonner le parquet de ne pas l’être, mais pas les autres. or ce que le parquet permet de faire, c’est de ralentir les affaires, ou éviter qu’elles ne commencent. c’est d’ailleurs pour ça que les juges rompent le secret de l’instruction en alertant la presse, pour que les affaires ne s’enterrent pas.

    chirac a été incapable de protéger juppé. il a recommandé dans l’affaire borrel de faire un recours devant la cour européenne de justice pour faire condamner la France car lui ne pouvait pas faire pression sur les juges… et vous pensez que le député-maire d’Asnières est plus puissant, plus influent que Chirac ?!

    3- Le public (les électeurs) étant toujours nombreux, les commentateurs avisés sont-ils en droit de continuer à s’ésbaudir des performances du champion?

    encore une fois, il s’agit de donner un autre son de cloche que tout ce qui existe actuellement en ligne et de traiter le problème à fond. l’esprit critique c’est parfait, mais ça doit aussi porter sur soi-même, sur ses préjugés, sur les gens qu’on aime bien à priori, sur les victimes, sur les gens qu’on n’aime pas à priori etc.

    je considère l’impartialité comme impossible. pire, se croire impartial c la meilleure façon d’être partial, car on ne se méfie pas de soi-même.

    les contre-pouvoirs je suis à fond pour, ~laurent qui me connaît depuis pas mal de temps le sait bien. ce n’est pas une raison pour ne pas s’intéresser à leurs insuffisances. relever tout ce qui se dit sur un député, c’est très bien. considérer ensuite que c’est de l’information, alors qu’elle n’a pas été recoupée et vérifiée, et qu’il y a quantité d’incohérences, d’opacité et de conflits d’intérêts de la part des sources, des procès concernant des droits de réponse, ça ne va pas du tout.

  • philippe (désolé, nos messages se croisent parfois) :

    1) il faut déjà ne pas se planter de diagnostic : corruption, clientélisme ou diabolisation ?

    2) j’ai signalé dans une autre note ce que je considérais comme une opposition constructive.

    3) si tu ne regardes pas comment et pourquoi il gagne des élections, pourquoi ses adversaires les perdent, c’est là que tu restes dans le virtuel.

    “No part of the education of a politician is more indispensable than the fighting of elections. “, Winston Churchill

    (aucune partie de l’éducation d’un homme politique n’est plus indispensable que la bataille électorale)

    l’amélioration de la gouvernance passe par la démocratie participative. le problème c que ce n’est pas un but, mais un moyen. dsk avait un but, qu’il développe depuis de longues années. aux dernières nouvelles il appelait ça le socialisme d’émancipation. visiblement le PS a été incapable d’agréger les deux.

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