Après le désastre du CPE, Louis Chauvel : Classes moyennes, le grand retournement. Voir aussi l’infographie qui accompagne cette analyse.
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- @rosselin budget UMP 2006 : 9,2 millions adhérents, 8,3 millions de dons et 32 millions de l'État http://www.politique.net/2008050201-plan-de-rigueur-a-l-ump.htm


Lionel,
C’est très bien de pointer ces éléments mais toi, personnellement toi-même, quelles analyses en tires-tu ? Je serais curieux (en toute bonne foi je t’assure) de le savoir.
josé :
l’analyse de Chauvel est meilleure que toutes celles que je pourrais faire, je n’ai donc rien de particulier à y ajouter. nous avons d’ailleurs souvent de très bons analystes, c’est plutôt dans les solutions et leur mise en oeuvre que nous péchons. sur les solutions, la France n’a en vérité pas le choix depuis qu’elle fait partie de la zone euro. il y a donc deux options :
1) sortir de la zone euro et revenir à une politique économique totalement indépendante de nos partenaires européens
2) privilégier le dynamisme économique au dépens de l’aspiration égalitaire
L’option 1 tournerait le dos à 50 ans de construction européenne, mais c’est ce qu’il faudrait faire si on veut que nos dirigeants politiques aient effectivement le pouvoir que les électeurs semblent s’imaginer ou espérer d’eux.
L’option 2 pose un vrai problème dans un pays qui a mis l’égalité dans sa devise. Ça ne date pas d’hier, Jules César notait déjà que les Gaulois étaient très jaloux les uns des autres, donc je doute que la France puisse “marcher” sans cette aspiration égalitaire. Il y a une intolérance à l’inégalité plus ou moins grande selon les peuples, et elle est très forte en France. Alors on peut biaiser et parler d’égalité des chances et d’équité, mais ça provoquera probablement des désordres si le résultat conduit à des inégalités trop criantes, même si les intéressés les considèrent justifiées.
La plupart des Français considèrent probablement l’option 1 comme impraticable mais c’est pourtant le sens de leur vote à chaque élection récente, y compris au TCE. Cette incohérence est généralement résolue en s’illusionnant que nos partenaires européens partagent nos aspirations à “une autre politique économique”, ce qui est très peu probable.
L’inconvénient d’une monnaie unique est qu’elle prive les politiques économiques du pays de la souplesse nécessaire pour compenser d’autres rigidités. On a donc dans la zone euro des économies en surchauffe (Irlande 6% de croissance) et des économies en stagnation (Allemagne 1% de croissance), et, contrairement à ce qui se passe avec les Etats américains, ces déséquilibres semblent permanents, et non cycliques. Pour compenser, il faut donc des économies plus souples pour que les différentiels de croissance puissent s’équilibrer en se propageant dans toute la zone. La politique économique de la zone serait alors effectivement adaptée à ses membres, plutôt qu’une moyenne qui ne convient en fait à personne. Or il y a de fortes résistances à ce nivellement, comme l’illustre la flambée de nationalisme économique récent, les rigidités du marché du travail, l’opposition à la directive bolkestein même vidée de sa substance et l’incompatibilité persistante des systèmes éducatifs.
L’erreur, à mon sens, a toujours été de ne pas présenter les choses ainsi, de façon positive et un peu grandiloquente (“nous devons adapter notre pays pour construire le destin du continent européen”) mais de façon fataliste (“c’est la faute à la mondialisation, il ne nous reste que nos yeux pour pleurer ou alors la résistance et la révolution”).
Il y a deux façons de résoudre cette crise générationnelle.
1) La redistribution vers les jeunes générations. Elle a d’ailleurs lieu de façon informelle au sein de la cellule familiale.
2) La redynamisation de l’économie, et donc la croissance.
Pour moi l’option 1) revient à partager la pénurie. On demanderait à des gens qui gagnent entre 1500 et 2000 euros par mois de faire un effort de solidarité ?!
Je ne vois pour ma part que l’option 2) mais elle exige une économie souple. Tu sais amplement comment je pense qu’on peut y parvenir
En gros la dérégulation de l’économie et du marché du travail en contrepartie d’une sécurité sociale professionnelle. A vrai dire ton idée de revenu minimum serait encore meilleure, car on pourrait introduire de la concurrence entre les divers systèmes d’assurance santé, vieillesse, carrière etc.
Remarque sur l’option 1 et le commentaire de Lionel : en fait, dans les conditions actuelles, une personne qui gagne 1500 à 2000 Euros par mois (nets, je suppose) se trouve au-dessus du salaire médian français. Et si elle est célibataire, elle paye un impôt sur le revenu équivalent à 7 à 10% de son salaire annuel. Bref, on fait déjà appel à sa solidarité.
irène : oui, mais si on veut combler la fracture générationnelle pointée par ces articles il faudrait accroître cet effort, ce qui me semble difficile.