Dans la structure de pouvoir des démocraties actuelles, l’aspect le plus utile de l’activiste est de contribuer à empêcher la dictature de la majorité. Dans l’idéal, la République est le lieu neutre où chaque individu jouit d’un pouvoir égal et exprime ses idées, indépendamment de son identité privée. En pratique, les individus se regroupent en fonction de leurs intérêts pour peser sur les décisions.
Il en découle une mise en concurrence des groupes d’activistes pour retenir l’attention et donc influencer les choix. Cela peut se faire discrètement par le contrôle de divers médias ou par une présence permanente à Bruxelles pour bénéficier de l’oreille des décideurs, en somme ce qu’un gauchiste qualifierait d’abjects groupes de pressions ou de lobbies. En vérité, c’est de l’activisme pour ceux qui disposent de l’arme financière. Pour les autres, il reste le bruit et le désordre. Pétitions, grèves, manifestations, blocages, destructions, terrorisme, la palette est riche.
Tant que la République est plus forte que les activistes, cette confrontation est plutôt positive. Des élections quinquennales ne suffisent pas à prendre en compte l’ensemble des aspirations de la société. Cette confrontation musclée assure que les récriminations les plus fortes seront prises en compte. Naturellement, on est loin de l’idéal républicain où seul le rationalisme et la force des idées devraient compter.
La destruction des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001 symbolise un tournant dans le rapport de forces entre l’activiste et les structures centralisées étatiques. Quelques individus, agissant de façon décentralisée avec la palette des technologies courantes, peuvent damer le pion à la nation la plus puissante. On trouve quantité d’autres exemples, moins tragiques, de cet affaissement des structures centralisées au profit de petits groupes décentralisés.
Un certain angélisme conduit à considérer cette décentralisation comme éminemment positive. Sans doute parce que comparer un mouvement globalement positif comme le logiciel libre et un mouvement terroriste organisé selon les mêmes principes apparaît à priori choquant. Or ce n’est pas en étant béat d’admiration que nous éviterons le pire, c’est en l’anticipant et donc en développant divers anticorps.
Une autre erreur consiste à considérer qu’un phénomène émergeant, qui marque des points par rapport à l’existant, finira par le remplacer. Or il s’agit généralement d’une nouvelle espèce qui apparaît dans un écosystème, conduisant les autres espèces à s’y adapter. La question n’est donc probablement pas la disparition des structures centralisées au profit des structures décentralisées, mais une nouvelle cohabitation entre elles.
Si l’activiste ne mûrit pas, en délaissant sa posture protestataire au profit d’une approche constructive et raisonnée des problèmes, l’accroissement de son pouvoir aura des effets désastreux si rien ne peut lui résister. Le pouvoir donne des responsabilités. Chacun, des deux côtés de cette ligne imaginaire qui semble les diviser, devrait les assumer pleinement.


L’activiste qui m’a fait comprendre que le monde changeait est tristan Nitot :
Il a pu faire trembler Microsoft seulement équipé d’un blog.
En conclusion Tristan est plus Fort qu’Al Quaida, vu que microsoft est plus fort que les états
Plus sérieusement la posture de Gandhi addoptée par Tristan est performante, et en plus il a conquis l’Europe en calbute, sans bouger de son appart (c’est pour un petit moment de détente).
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